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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 22:02

Je dois confesser que je ne suis pas loin du singe qu'on stimule avec des cacahuètes pour faire des expériences. Mais ma cacahuète c'est France Culture, et l'expérience qu'on me fait réaliser, c'est acheter un livre. Pour faire simple, j'ai acheté le livre de Roberto Casati parce que j'en avais entendu parler dans la matinale de France Cul. Les intellos (dont je suis) sont un peu flippés (surtout s'ils vieillissent) par le sort fait aux livres (ce dont je me moquais plutôt jusqu'à présent). Le prétexte ce matin-là était de parler avec le philosophe – nouvellement immigré dans une université américaine de prestige, ce à quoi on reconnaît la réussite dans notre milieu – de tous les sujets anxiogènes des vieux intellos : d'Amazon, de la mort des petits libraires, des tablettes numériques, d'internet etc.

Richard a deux passions en ce moment : les livres et les meubles en Carton. Voici en gros une synthèse des deux.     Source : Libération - Livres du 9 octobre 2013

Richard a deux passions en ce moment : les livres et les meubles en Carton. Voici en gros une synthèse des deux. Source : Libération - Livres du 9 octobre 2013

Mais Roberto Casati a un avantage sur les autres intellectuels invités qui ne se conçoivent plus que comme d'éternels insatisfaits, des princesse Screugneugneu au visage frippé : d'abord il est un peu plus jeune, et surtout, il est clair. Il m'a séduit parce qu'il avait l'air de comprendre ce qu'est internet. Tous ces thèmes les plus variés sont réunis autour d'une thèse : ce n'est pas parce qu'on peut tout numériser qu'on doive nécessairement le faire

Son livre tient cette promesse de clarté. Ses arguments ne sont pas simplement la synthèse des travaux des autres (qui se perdraient en trop de notes) mais ils sont comme de petites réflexions que tout le monde peut suivre aisément. L'auteur de toute façon sait ce qu'est un bon essai et y consacre plusieurs pages. Quelques concepts seulement sont présentés comme centraux (celui de design, ou d'ecosystème technologique, mais pas plus), et encore, rien qui ne soit comme des concepts-signatures (par exemple celui de digital native) que l'auteur là encore dit explicitement détester.

 

Tout part donc d'un constat : on présente systématiquement la numérisation comme bénéfique – et bénéfique particulièrement pour une nouvelle humanité : les "digital natives" (né avec la cuillère dorée d'internet dans la bouche). C'est cela le colonialisme numérique : tout ce qu'on peut numériser doit l'être. Les photos, les livres, le vote, nos données personnelles... La thèse de l'auteur n'est pas de dire que tout est non numérisable, mais qu'il faut y réfléchir à deux fois. En somme, la photographie en profite, mais les livres ou le vote numériques ne sont certainement pas de bonnes idées. Les partisans du colonialisme numérique jouent par accumulation d'arguments (p. 19). Roberto Casati les examine un à un et les critique. Sa position consiste simplement à dire qu'il faut faire le tri – position raisonnable par excellence. Je ne résumerai pas tous les arguments. Et je me concentrerai sur l'opposition entre le livre et l'Ipad (car il faut l'avouer certains chapitres sont vraiment indigents, bouclés en deux pages – notamment le sort qui est fait à la notion de transparence, qui ne se résume pas à un tout ou rien).

Mais Roberto sait qu'à notre époque cela ne suffit pas de faire confiance à notre ami libraire, il faut aussi faire de la pub sur le net.

Une analyse technologique du design du livre.

 

L'intérêt du livre est clairement immédiat. Il nous fait réfléchir à ce qu'est vraiment un livre : à ses fonctionnalités, à ses avantages technologiques. On pense souvent au contenu, à sa forme, mais peu à ses fonctions qu'on résume souvent à un simple apport d'information. Mais le livre offre en réalité beaucoup plus, une practicité que les liseuses n'ont pas : il se conserve facilement ; s'annote facilement ; en soupesant son poids, on estime les pages qu'il nous reste à lire ; si on perd une page, il fonctionne encore ; il se parcourt facilement d'arrière en avant (rien à voir avec les navigateurs qui privilégient l'arborescence) ; pollue finalement moins que toute l'industrie numérique ; s'échange socialement comme cadeau ; construit un véritable écosystème dans un appartement, qui sont comme une mémoire vivante de nos lectures. En obligeant à faire disparaître les livres des rayons de sa bibliothèque, la tablette tuera peut-être définitivement l'idée (légitime ?) que le livre est un indicateur de capital culturel. En tout cas, Roberto Casati rappelle souvent cet argument, si le livre n'a pas subi de modifications technologiques majeures en 400 ans c'est parce qu'il remplit parfaitement sa fonction. 

La thèse du philosophe est simple, le livre, et particulièrement sous la forme de l'essai, "format cognitif parfait" (p. 43), est un maximisateur d'attention. Voilà le coeur de la bataille : le temps de cerveau disponible, l'attention. 

 

"Instruments de divertissement tous azimuts donc. Ce qui est intéressant dans le tournant, le parti pris par l'iPad et ses épigones, c'est la façon dont il préfigure le palimpseste de notre vie mentale. C'est une bataille passionnante qui va se jouer dans les années à venir, et dont l'enjeu n'est rien moins que notre principale ressource intellectuelle : l'attention" (p. 37).

 

Autant le dire tout de suite, Roberto Casati ne traite pas tous les livres de la même façon. Le livre de recettes pour lui peut aisément passer à la trappe numérique, on n'y perdrait rien. Les pamphlets ou les textes courts n'ont pas non plus reçue l'immunité du philosophe. Le format qui lui semble le plus emblématique est celui de l'essai (et pour une autre raison le livre d'art). "La particularité du format-essai vient de ce qu'il doit présenter un argument complexe de façon soutenue et en constante interaction avec le lecteur." (p. 41) Le livre est une technologie non seulement de la lecture (exportable vers bien d'autres médiums) mais de la relecture. Le livre oblige à lire, relire, critiquer. Contre le zapping et la distraction, son design est tout entier consacré à ne pas épuiser cette attention pour la faire durer le plus possible. C'est tout le sens de l'essai, qui doit varier arguments, développements de ces arguments, illustrations, citations mémorable, le tout selon une structure logique qui permet de toujours renvoyer la partie au tout pour en comprendre la progression. On a parfois oublié que c'est précisément ça que le prof de philo de terminale doit (et galère à) enseigner à ses élèves, plutôt que quelques conseils de sagesse pratique à l'ancienne que certains (élèves, parents, profs parfois) réclament.

Roberto n'aime pas lire des essais sur Ipad mais visiblement n'a rien contre l'idée de vendre le sien au démon du numérique.

Roberto n'aime pas lire des essais sur Ipad mais visiblement n'a rien contre l'idée de vendre le sien au démon du numérique.

l'Ipad et le nouvel écosystème technologique.

 

Pour illustrer ce qu'est l'Ipad, Roberto Casati commence par présenter l'évolution de la photographie numérique. Cette dernière a laminé l'appareil argentique classique, mais plus encore, même les petits appareils numériques portatifs se sont faits étripés par les appareils photo intégrés aux téléphones portables. La photo est devenue une prise de notes visuelle. Mais pourquoi ? Pas seulement parce qu'on a envie de prendre des notes visuelle. Pas seulement parce que ces appareils ont une meilleure portabilité, mais surtout parce qu'ils ont une meilleure disponibilité. L'utilisation, le design qui préside à nos portables c'est au fond l'idée que, dès qu'on en a besoin, on peut s'en saisir pour prendre une photo. L'idée que dans les années 90, un homme serait sorti avec son appareil numérique portable, juste au cas où il voulait se prendre en photo avec ses potes aurait semblé étrange à tout le monde. Faire des photos restait jusqu'à il y peu une occasion spéciale, un cérémoniel (même si vous vous baladez en safari photo dans une ville que vous visitez). Le numérique a donc changé l'appareil photo parce que le contexte d'utilisation a radicalement changé. Notre envie est de pouvoir passer d'une activité à une autre quand nous le souhaitons. Notre technologie n'a qu'un but : devenir "un immense système de distribution de contenu" (p. 33), dont l'Ipad est simplement le dernier avatar.

On ne peut pas reconnaître ici dans la critique de Roberto Casati une grande et sincère nouveauté. Autant il défend bien le livre, autant sur l'Ipad, il peine à être convaincant. Un de ses arguments est de dire que l'Ipad est d'abord un outil de consommation culturelle, mais pas de production culturelle. Certes, mais le livre est un produit culturel qui ne contient pas non plus en soi la capacité de production d'autres livres (à moins de considérer que n'importe quoi avec des pages le pourrait). Il prend pour significatif le fait que la première version de l'Ipad ne permettait pas d'annoter, alors que les autres tablettes autorisaient à faire. Mais là encore, on pourrait dire que l'argument est à double tranchant : l'Ipad a intégré désormais l'annotation dans les lectures, n'est-ce pas alors la preuve qu'il est au même niveau que le livre un outil de production culturelle (et le livre n'est pas vendu avec une option de traitement de texte). Autre argument léger, selon l'auteur, l'Ipad n'est pas superposable à l'utilisation d'une liseuse. L'Ipad distrait tellement qu'il distrairait aussi d'être tenté par un autre outil de lecture... Enfin, c'est un argument trop rapide : l'Ipad, en tant qu'outil de divertissement ne concurrence pas seulement la liseuse (qui pourtant n'a rien de divertissante – et ça nous reconduit à l'argument précédent), mais en vérité, il concurrence la télévision et le cinéma... Pourtant, la télévision se défend bien, elle est 3D, elle est géante, ce que ne peut pas être l'Ipad, et le cinéma se défend lui aussi pas mal. Si c'est vraiment contre le monde entier du divertissement que l'Ipad lutte, pourquoi ne pas parler également de la musique ? Tout simplement parce que comme pour le cinéma et plein d'autre chose, il n'y a pas d'outil qui suffirait à lui seul par résumer tous les médias. Cette illusion d'une boîte noire qui concentrerait tous les médias est folle.

"Je suis ton père, Roberto !" H. Jenkins.

"Je suis ton père, Roberto !" H. Jenkins.

Convergence et lecture.

 

Mes dernières lectures m'obligent à mettre Henry Jenkins (défendant la convergence) et Roberto Casati en face à face. Henry Jenkins a un coup d'avance sur Casati parce que contrairement au philosophe italien, il ne cède pas à l'illusion multimédia d'une "boîte noire" (l'expression est de Bruce Sterling) qui concentrerait toutes les distractions possibles. La technologie n'est pas si déterministe. Il suffit d'imaginer les conséquences pratiques d'une telle concentration, si elle arrivait pour comprendre pourquoi elle est impossible. L'économie perdrait si l'Ipad gagnait. Chaque média a besoin de faire valoir sa place, sa légitimité. Le monde médiatique et économique a tendance à conserver à l'état de nature la dispersion des outils de communication. L'industrie culturelle la plus rentable aujourd'hui reste l'édition. Comment croire qu'un secteur aussi puissant ne se défende pas contre le risque que présenterait l'Ipad. 

Mais ce dont parle Roberto Casati c'est de la lecture, et particulièrement de la lecture attentive. J'ai tendance à penser là encore qu'Henry Jenkins a un coup d'avance. Pour relier tous les points de l'univers médiatique entre eux, les différentes formes de narration contemporaines n'abandonnent pas un instant la lecture attentive et critique. Les oeuvres sont déconstruites par les fans, recomposées, critiquées, et tout cela dans des proportions inédites. Toutes les fanfics et les échanges entre communautés de fans, de Star Trek à Harry Potter, sont une réponse à Roberto Casati. Encore faut-il à la lecture attentive d'autres objets que la seule lecture d'essais…

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Richard Mèmeteau
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commentaires

Amel Bent 24/02/2014 00:00

Bonsoir,

chercher une photo et chercher un livre n'a presque rien à voir. Un livre se retrouve par son nom et son titre (si t'as une bibliothèque, toi-même tu sais, dédicace à mon cousin). En plus, des logiciels de recherche par mots clés (ex. Copernic) permettent de retrouver très facilement n'importe quel fichier sur un ordinateur. Vous trouvez immédiatement ce que vous cherchez.

De nombreuses offres de cloud sont gratuites. Avoir 1 ou 2 clefs USB pour faire 2 sauvegardes ne me semble pas non plus hors de prix (ca coute moins cher qu'un livre).

L'obsolescence des formats numériques (pdf, epub, mobi, djvu, chm) pourrait être un vrai problème. Heureusement, de nombreux logiciels gratuits permettent de convertir les fichiers en d'autres fichiers.

Nos clés USB d'aujourd'hui seront inutilisables dans trente ans? Il faudra penser à passer chez Carrefour pour en acheter d'autre dans 29 ans.

Nos petits enfants se souviendront de nous à la découverte de nos livres dans le grenier familial? C'est vrai et ils se diront, putain, on les fout à la poubelle ou on les donne au libraire du coin ?

Nos petits enfants pourront encore en lire les pages sans besoin de brancher un quelconque outils? C'est vrai, mais pas l'hiver, pas après 18h00. Et lire à la bougie ça flingue les yeux. Au fait, les parents qui travaillent, ils lisent à partir de quelle heure?

Plus de sens éveillés en lisant un livre? C'est un argument? Si c'en est un, il faudra penser à inventer la machine à lire des ebooks qui massent les pieds et fait le ménage en même temps.

Concernant l'empreinte écologique, un pdf polluerait plus qu'un livre de 300 pages? Ah bon?

Autres arguments en vrac :

Sur un ordinateur on peut aussi dessiner dans les marges. Et on peut aussi, quitte à ne pas lire, faire des bandes dessinées, des films, de la musique, etc.

En cas de plantage à répétition, on peut aussi se calmer les nerfs en passant l'ordinateur par la fenêtre.

On peut balancer 10 000 livres à la corbeille sans être accusé d'autodafé

On peut se la jouer à la Montaigne en incrustant des millions de citations dans nos textes en quelques minutes

Freakosophe 13/02/2014 21:47

Bravo pour ces réponses construites - nous allons mettre à jour l'article de départ avec un témoignage d'expérience utilisateur qui tend à mettre en valeur précisément les qualités du numérique tout en montrant qu'elles ne sont pour le moment pas actualisées. A mon avis ce n'est pas sur la question de la conservation du support qu'il faut se battre mais sur les nouvelles possibilités de manipulation du texte que permettent cet outil.

J.-J. R. 22/12/2013 14:20

Big up Roberto,

Permets-moi de te dire que tu fais erreur. Le livre papier offre en réalité beaucoup moins de praticité que les PDF lus sur ordinateur :

-le livre se conserve facilement : une bibliothèque PDF se conserve encore plus facilement sur ordinateur, clef USB, disque dur externe, Cloud, CD gravé, se déménage sans te péter le dos, sans camionnette, et si tu meurs tu peux léguer ta bibliothèque à tous tes étudiants.

-le livre s'annote facilement d'un ou deux mots dans la marge : un PDF se surligne de toutes les couleurs possibles, s'annote par des commentaires d'une longueur illimitée en marge (par ex., avec foxitreader, Adobe Reader pro)

-en soupesant le poids d'un livre, on estime les pages qu'il nous reste à lire : avec un PDF, on regarde le numéro en haut à gauche pour le savoir

-si on perd une page d'un livre, il fonctionne encore : avec un PDF, on ne perd pas de page; une collection de livres PDF peut être sauvegardée n'importe où, même sur l'ordinateur de ta michtonneuse.

-le livre se parcourt facilement d'arrière en avant (rien à voir avec les navigateurs qui privilégient l'arborescence) : avec un PDF aussi, y compris avec les flèches gauche et droite ; ah, et avec un PDF, on peut faire des recherches d'occurrences pour retrouver un passage qu'on n'avait eu la paresse de ne pas annoter

-le livre pollue finalement moins que toute l'industrie numérique : Un PDF de 0,5 Mo pollue plus qu'un arbre abattu, que les transporteurs qui distribuent ton livre dans toute la France, tu déconnes?

-le livre s'échange socialement comme cadeau : un PDF se donne comme un don. Le don, plus fort que l'échange.

-les livres construisent un véritable écosystème dans un appartement, qui est comme une mémoire vivante de nos lectures. Pour la déco, tu peux aussi appeler Valérie Damidot. Sinon, tu peux aussi frimer avec des faux livres en carton dans une fausse bibliothèque. Et, puis, bon, tout est dans l'attitude, tu sais comment parler devant tes collègues des livres que tu n'as jamais lus. C'est le sport national. T'as pas besoin d'avoir des livres derrière toi pour être crédible.

-le livre est un indicateur de capital culturel. Tu peux aussi faire semblant d'être cultivé en ayant un répertoire PDF avec les oeuvres complètes de Kant en allemand, les oeuvres complètes de Descartes éditées par Adam & tannery, et celles de Platon en grec, etc. Tu peux même mettre un poster promo de tes propres livres dans le salon pour impressionner tes convives. Tu peux aussi dire merde au spectable de ta propre vie.

Bisous,

J.-J. R.

Sven 12/02/2014 11:39

Désolé pour les coquilles et fautes de français, mon clavier est ensablé :)

Bonne journée

Sven 12/02/2014 11:33

Bonjour,

On peut tout à fait retourner vos arguments:

Effectivement, les oeuvres complete de Gotlib ou Kant tiendront plus facilement sur une clé USB ou un disque SSD
Cependant les risques d'effacement seront plus important sur ce type de support
Qui n'a jamais recherché une photo numérique ou un document pdf pendant des heures sur son disque dur pour finalement se résigner et accepter le fait que ceux ci ont pu être effacés à une date indéterminée
Vous m'objecterez le cloud comme solution de backup, okay, mais pas forcément à la portée de tout le monde.

De plus se pose la question de l'obsolescence des formats numériques (support / format d'encodage) (1)
Vous constatez par exemple que les ordinateurs récents sont de moins en moins équipés de lecteurs de CDROM.
Ces mêmes CDROM étaient aussi fragiles et très facilement rayables.

Le même problème se posera avec les clés USB et autres mémoires flash.
La technologie évolue vite.
Dans quelques années vos clés USB seront remplacées par d'autres, plus compactes, plus volumineuses.
Votre clé USB d'aujourd'hui sera inutilisable dans trente ans.
Il faut aussi rappeler que les mémoires flash contenue dans nos clés usb ont un nombre de cycles de lecture / écriture limité (2)

Par contre, vos petits enfants se souviendront de vous à la découverte de votre livre de chevet dans le grenier familial.
Et ils pourront encore en lire les pages sans besoin de brancher un quelconque appareil numérique.

On privilégie peut être trop l'aspect utilitariste de la lecture...
L'aspect émotionnel est également important.
Aussi beaucoup plus de sens sonten oeuvre lors de la lecture d'un livre : odorat, toucher (couvertures en relief, grain du papier etc)

Concernant l'empreinte écologique du livre versus un support numérique, je pense que le livre gagne haut la main.
Certes vous avez raison au sujet du transport (palettes de livre acheminée par camion, versus télechargement, quoi que...(3), (4))
Il se revend et échange ou se donne aussi facilement
Pas besoin d'énergie (à part l'énergie manuelle) pour en consulter le contenu.

Autres arguments en vrac :
on peut se servir de (mauvais) livres comme combustible en cas de tempête de neige sans risque d'etre intoxiqué.
On peut faire des dessin animés dans le coin des pages
On peut aussi faire de véritables oeuvre dart sur les goutierres des livres (5)


1. http://www.library.cornell.edu/iris/tutorial/dpm-french/oldmedia/obsolescence1.html
2. http://cfgearblog.blogspot.com/2011/03/how-long-does-flash-drive-last_22.html
3. http://www.consoglobe.com/livre-papier-vs-livre-numerique-lequel-est-le-plus-ecolo-cg
4. http://www.bastamag.net/Numerique-cette-empreinte
5. http://www.koreus.com/video/peinture-tranche-livre.html

U. de Freako 28/12/2013 23:09

On vous suit tout à fait sur cette analyse - un prochain article devrait montrer justement en quels sens les arguments de Roberto peuvent sembler old school. Mais il était intéressant d'exposer l'argumentaire complet pour se faire une idée claire. En tout cas bien joué pour l'argument sur le don. Pour ma part j'essaierai de montrer qu'en effaçant le médium au profit du seul texte l'ibook privilégie un accès beaucoup plus directe au sens et au cheminement même d'une pensée qui clairement ne se découpe pas en chapitre ou en nombre de pages qui reste à lire.