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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 21:22

return-bruce

Batman ressuscite sous son vrai masque : un détective.

Le retour de Bruce Wayne 5/6 - source.

 

Deux conditions sont requises pour être un super-héros. Être super. Être un héros. 

Sur les deux plans, il est possible de contester le caractère super-héroïque Batman. Et de proposer au contraire l'idée que Batman est avant tout un détective à la recherche de la vérité.

 

 

Une batcave, un masque, un domestique, what else ?

 

alfred-Ross.jpg

Heureusement, il y a quelqu'un pour le pressing -source

 

Batman est un des rares héros à n'être pas "super". Certes, ce n'est pas le seul. Il existent encore Green Arrow, Huntress côté DC, ou Panthère Noire, Elektra ou Tony Stark (si on lui retire son armure), côté Marvel. Mais la majeure partie de ces héros ont des pouvoirs, innés ou acquis, alors que Bruce Wayne n'a littéralement que sa technique et son intelligence. Certes son intelligence est extraordinaire, et sa force relativement impressionnante, mais... il n'a reçu aucun talent particulier, ni en raison d'une expérience scientifique ratée, ni par son ADN d'alien surpuissant. 

L'entraînement de Batman reste un mystère, et surtout, il ne permet pas de justifier que Batman se soit ainsi hissé au niveau des autres super-héros. L'aspect fascinant de Batman est donc, malgré l'univers surréaliste qui l'entoure, son immaculée humanité. Tout le monde est supposé pouvoir devenir Batman. Batman n'est peut-être rien d'autre que monsieur-tout-le-monde en costume de chauve souris. D'où la fascination que peut exercer le costume seul, ou ses logos, ses armes, ses looks. Car, au-delà, il n'y a peut-être rien d'autre. Cette idée a au moins trouvé un partisan dans la communauté scientifique, puisque E. Paul Zehr, kinesthésiste et neurologue de son état, suggère par exemple qu'il est possible pour un homme de devenir Batman en six étapes.

Cette thèse de la normalité de Batman est si acquise qu'elle est devenue un cliché au fil du temps, dans tous les récits où Batman croise ses autres super amis. Des membres habituels de la Justice League (Superman, Wonder Woman, Aquaman, Green Latern, Flash et the Martian Manhunter, voire Hawkman), il est le seul humain authentique, non modifié. Mais, alors que la salle de réunion de la Justice League flotte dans l'espace au dessus de la terre, au dessus des hommes, dans la "Justice League Watchtower", croisement entre un Anneau-Monde et un panoptique, Batman, lui,  au contraire, croupit dans une cave – ce qui lui permet finalement de rester au niveau des hommes. Qui plus est, la participation de Batman à la Justice League est toujours problématique, au point qu'il créera son autre équipe de super héros (Les Outsiders), et qu'il entrera plusieurs fois en dissidence.

 

 

Batman vs Superman.

 

Batman_vs_Superman-lee.jpeg

David contre Goliath ou la ruse contre la force.

Batman : silence - source.

 

Dès lors, tous les combats de Batman contre Superman sont intéressants d'un point de vue anthropologique, car ils permettent de bien définir la place des hommes face à ces demi-dieux. Les deux combats connus entre Batman et Superman aboutissent à un même vainqueur (on ne compte pas les combats entre amis, qui commencent sur un malentendu et finissent par une poignée de mains). C'est toujours Batman qui gagne. Les deux fois d'ailleurs en utilisant la Kryptonite (Hush, Dark Knight), autrement dit en utilisant l'intelligence. On peut même ajouter une troisième fois, même si c'est dans un univers parallèle : dans Red Son, le Batman dissident russe de cette réalité-là est sur le point de tuer un Superman soviétique grâce à une lumière rouge qui annule l'invincibilité de Superman. C'est finalement Wonder Woman qui se sacrifiera pour sauver Superman de la mort que Batman lui avait réservée. 

La mythologie des comics n'est donc pas une mythologie au sens propre car les hommes continuent à triompher, contre toute attente. Il faut continuer à s'occuper des hommes. On ne peut pas les sacrifier à la méta-humanité à venir. Les dieux ne doivent pas ignorer les hommes.

Le problème de Superman est l'amélioration morale de l'humanité, et non son assujettissement, parce que les hommes doivent finir par triompher par eux-mêmes (ce qui n'arrive d'ailleurs jamais). A travers Superman, le projet éditorial du comics devient hautement moral : élever des hommes grâce à des surhommes. Mais le problème de Batman au contraire est de rester humain, de vivre le mieux possible entre humains. Batman est plus modeste, bien qu'on lui prête souvent des intentions presque staliniennes (contrôler, purger la ville de Gotham City, et autres métaphores hygéno-fascistes). Batman n'est pas un simple pédagogue, il est aussi un sage, conscient des faiblesses des hommes. On pourrait même s'étonner de voir que Bruce Wayne qui a toutes les armes pour devenir maire de Gotham ou homme politique de renom ne cherche pas un moyen d'action plus efficace que quelques galipettes sur les toits. En sacrifiant Bruce au masque, le comics semble montrer paradoxalement à quel point Batman est éloigné de tout moralisme. Car ce masque lui fait endosser l'indignité d'un presque hors-la-loi, et en tout cas, le rend moins puissant dans le monde des hommes que Bruce Wayne ne pourrait l'être. Batman n'a jamais voulu être un modèle autre part que dans son adaptation à la télé. Et sa réticence à prendre un disciple est bien connu (alors que même Superman a son Superchien).  

Au final, Superman est bien plus proche de ces fantasmes totalitaires et moralisateurs. C'est d'ailleurs le propos de Millar dans le génial Red Son que d'imaginer un Superman soviétique, reprogrammateur de cerveaux, et qui trouve son vrai défenseur de la liberté dans Lex Luthor (on y reviendra une prochaine fois). Dans cette version-ci, Batman est vu comme un dissident. De la même façon, dans la recontraction de la mythologie de la Justice League en dessin animé, c'est Superman qui est tenté par le totalitarisme, et Batman qui le contrecarre. Car Batman a accepté les défauts des hommes, lui-même en étant un. Il est donc bien possible de ne pas considérer Batman comme un super-héros. Car il s'oppose naturellement à toute transcendance. Batman est donc le seul vrai lien qui rattache Superman à l'humanité, car tout en étant purgé de ses propres faiblesses, il reste humain, et compréhensif à l'égard des faiblesses qu'il a combattues lui-même. 

Enfin, Batman peut tomber amoureux de Sélina Kyle, et non Superman, point décisif. C'est le seul super-héros avec Daredevil, Malicia ou Serval à être tenté par une criminelle – peut-être d'ailleurs parce que ses aventures sont destinées à un public plus adulte.

 

batman love

The end - source.

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commentaires

outlook express 7 16/06/2014 11:34

Actually it’s like Brain Vs Muscle and brain always wins. Because brain can control a lot of muscles at the same time and poor Superman is the muscle here. It is a great post and I loved reading it.