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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 22:04

Je profite de la ligne éditoriale de Freako la plus récente : on ne se préoccupe plus des courbes de lecteurs. 

 

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Quid novi à la radio? source.

 

Lesdites courbes indiquent que deux articles de Freako marchent : l’un (parce qu’il) s’intitule "Pornosophie", et l’autre (parce qu’il) présente toute une série de photos d’adolescentes en sous-vêtements. Vraisemblablement le site renouera-t-il avec un succès sans ambiguïté quand sortira "Papasophie", de l’auteur inspiré de "Pornosophie". Les lecteurs ne doivent pas perdre espoir, G. est un créateur patient et prudent, mais il reviendra et nous ne serons pas déçus.

 

Cet article est un hommage à Monique Canto Sperber, productrice de Questions d’Ethique sur France Culture, car elle fait la meilleure émission de philosophie radiophonique. Mimons une rapide petite compétition : Adèle Van Reth a perdu depuis longtemps, car comment s’y retrouver dans le flot intarissable de paroles des Nouveaux chemins de la connaissance, tous les jours, depuis plusieurs années ? Et puis s’ils avaient quelque chose à dire, en seraient-ils à leur 5èmerétrospective Bergson ? Quant à Raphaël Enthoven, depuis qu’il s’est mis à penser par lui-même, hmmm… je ne vous révèle rien, écoutez, chacun se fera un avis. J’aime fidèlement Finkielkraut, mais le plaisir de son émission est celui de la polémique, pas celui humble et pur de la philosophie librement créatrice. Car c’est vers ces terres sauvages et belles que nous emmène Monique Canto Sperber.

 

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On la voit un peu comme ça... source.


Quelques raisons d’écouter Questions d’éthique.

Monique Canto Sperber est utile car elle cherche à penser le monde contemporain. Adèle Van Reth est inutile. Non que Bergson soit en principe inadéquat pour penser le monde contemporain, mais Bergson panglosé par Adèle Van Reth justement si.

Les émissions de Monique Canto Sperber valent plus pour les thèmes abordés que pour les réponses apportées. Certaines paraissent même oiseuses. Elle ne prétend pas tout savoir. Elle laisse parler son invité sans le censurer, alors que probablement il est sur une fausse piste. Par exemple, quand elle a essayé d’analyser Facebook à travers le concept d’amitié, et qu’un La Rochefoucauld des temps modernes s’est indigné qu’on puisse avoir 87 amis, et virtuels encore.

 

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... elle se voit simplement comme ça. source.

Monique Canto Sperber nous fait partager son amour des courants de la pensée libérale issus du monde anglo-saxon. Je crois qu’elle est une sorte de néo-aristocrate qui aime sa famille de valeurs avant d’aimer son pays. Elle introduit sur nos ondes des auteurs et des manières de débattre qui n’y sont pas tellement représentés. Son émission récente sur le concept de liberté défendu par les Anonymous était très instructive. Elle n’est pas victime d’un préjugé consistant à mépriser sa propre tradition nationale au profit de tout ce qui se fait à l’étranger. Elle compare, concilie ; elle confronte quand il le faut mais avec parcimonie.

 

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la ligne éthique de MCS: rien de tiré par les cheveux. never. source.


Mais surtout, écouter Questions d’éthique, c’est faire l’expérience si rare de l’ouverture d’esprit. Certains thèmes, occultés ailleurs, y sont abordés. Y a-t-il eu génocide en Vendée ? est le dernier en date.  Ce ne sont pas seulement les thèmes qui me ravissent, mais aussi la manière de les aborder : Monique Canto Sperber laisse parler ses invités sans préjuger du caractère politiquement correct ou incorrect de ce qu’ils vont dire, comme tant de producteurs (sur France Culture, ni « présentateurs » ni « animateurs » - des « producteurs »). Sur la bioéthique, les lois mémorielles, la monarchie : les réponses ne sont pas dans les questions. Et ce n’est pas seulement sa manière à elle, mais aussi celle de ses invités, des intellectuels calmes, posés, prompts à l’interrogation et à la nuance. Quand une question est ouverte, c’est qu’elle peut l’être sereinement. Quand on s’ennuie en écoutant une émission de Monique Canto Sperber, en fait souvent un peu, on éprouve le plaisir de l’ennui de la raison, ce plaisir dont nous sommes si souvent privés depuis que nous avons quitté la fac.

 

Les philosophes radiophoniques se complaisent souvent dans le pathos de ceux qui se tiennent seuls sur le rempart de la raison, et citent à l’envi Antisthène : « La raison ou une corde pour se pendre. » Un tel manque d’élégance répugne à Monique Canto Sperber, grande dame de France culture.

 

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On attend la Papasophie. En ligne pour la fêtes des pères? source.

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