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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 08:18

Rien de mieux pour frimer que de détecter une nouvelle mode. On va faire mieux et rester humble : ce n’est pas une mode, mais depuis un certain temps, un petit nombre de clips rocks sont tournés dans les forêts. Manque de thune ou vraie inspiration ?

 

 

 

Première hypothèse : le retour à l’état de nature, à l’état sauvage ?… Sans doute, le rock porte ce message mieux que n’importe quel autre genre. Ni le blues, qui fume dans les bordels ou sur les rocking-chairs, encore moins le jazz – qui crâne sur les moquettes en cuir ou dans les salons des bourgeois –, ni la pop qui se crée des rêves de stars et de palaces, ni la techno (et pourtant, les bosquets de province pourraient témoigner du contraire), ni la dance, ni l’euro dance, ni le hip hop… bref en fait personne (à part Jean-Jacques Goldman dans son énième retour à la sincérité brute de l’artiste ; à part Johnny, si connecté à la réalité des chats sauvages du Kentucky…), rien, sauf peut-être des rockeux nouvelle vague, ne pouvait prétendre aller tourner ses clips en forêt. Mais en y réfléchissant le rock, c’est plutôt la hargne des mecs de la ville, la redécouverte de l’électricité, un Edison répété, des mecs qui ont entendu trop de bruit urbain et industriel, et s’intègrent au monde moderne en en copiant les coutumes… Soyons honnête, et zigouillons tout de suite les vieux ressorts de plein d’articles de presse : dans notre longue énumération arbitraire, on aurait dû mettre le rock tout de suite.

Deuxième hypothèse : c’est pas parce que c’est rock, c’est plutôt parce que c’est hippie mode. C’est une sorte de mouvement green friendly. On montre tous à quel point on est connecté à notre joli biotope. Et en plus, le mouvement hippie n’est jamais mort, alors c’est possible. Après tout, il suffit de regarder un peu les cours de récré : les filles un peu grosses du lycée se cachent toujours dans des fringues bouffantes pleines de couleurs. Être bab’ est resté le meilleur prétexte pour être moche, à tout âge, en plus que ça serve pour sauver la planète. Mais, ici tous les mecs dans les clips sont plutôt habillés… voire déguisés. Pas du tout en retour à la nature sur le mode hippie partouzard.


Animal Collective - Peacebone
 

 

Troisième hypothèse : on n’a pas de thune et la forêt c’est beau. Je parie là-dessus. On a juste oublié à quel point une forêt en camescope c’est beau. Pourtant le Projet Blair Witch avait prévenu : ne tournez pas bien dans une forêt avec des jolies caméras, pas de lumières artificielles. On aime la forêt parce qu’elle est flippante tellement elle dévore la lumière du soleil. Ce qui est génial dans ces trois clips, c’est que c’est la forêt du rêve, où plein de créatures bizarres apparaissent. C’est la forêt-symbole qui veut dire « mort » comme dans les tests psychologiques. Avant d’être la forêt de mère nature, la forêt la nuit est pulsionnelle, primaire, primale.

Bref, on se déguise et on fait la fête dans une kermesse maudite dans le clip de Florence and the machine. La forêt fait naître des créatures miyazakiennes dans le clip de Animal collective. Un elfe en imperméable orange chante à-tue-tête dans la forêt la nuit dans le clip d’Oh no Ono. On se la pète en forêt dans le clip d’Hockey. C’est super inventif. Et c’est une bonne nouvelle pour les écolos désespérés : il faut parler à l’enfant en nous qui a lu toutes ces histoires bizarres qui se passent dans des forêts, plutôt qu’à l’adulte qui pense à l’avenir de ses enfants.

La forêt, d’abord, c’est un rêve (ou un foutu cauchemar) d’enfant.




 

 

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