Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 19:28

 

TRibune_lv20_14b.jpg

Peut-on débattre sur le mariage gay à l'aide d'une Bible ?

 

Il y a d'abord eu cette tribune contre le mariage gay publié dans le journal Le Monde, signé entre autres par le grand rabbin de France Gilles Bernheim, philosophe (agrégé) de formation. Présentée comme une sorte de "front des religions", on est surpris d'y voir mêlé des chefs d'entreprises, des médecins, des psys, des banquiers, des philosophes conservateurs et européano-centriste déclaré comme Jean-François Mattéi, et un représentant du conseil national des musulmans. 

Au final, même quelqu'un d'aussi acariâtre que moi est obligé de se demander : si je voulais leur dire à quel point ils se trompent, à qui dois-je écrire ? Qui parle dans cette tribune, et d'où ? Est-ce le peuple français ? Sont-ce des religieux ? Et si la seule unité de ces anti-mariage est de dire qu'ils sont anti, qu'apporte ainsi de décliner son identité ? (à mon avis, rien) 

Encore une fois, ils jouent l'universalité plus qu'ils ne la réalisent. Où sont d'ailleurs les gays dans cette tribune, qui sont pourtant les premiers concernés ? Nulle part. En revanche, on part sans doute du principe qu'un banquier s'y connaît super bien sur la question de l'homoparentalité. En tout cas, ça ne coûte rien de le penser. Il n'y pas longtemps, on m'a même appris que mon homosexualité était un choix (pas le fait de l'assumer – qui est le vrai choix, non, non : mon homosexualité)

Les arguments présentés sont d'une douceur sophistique sans pareil. Parfait pour endormir les enfants.

1) "la France a besoin de paix. Donc il ne faut pas voter en ce moment de lois qui fassent débat." 

A ce titre, si rien de ce qui fait débat ne peut être voté, il faut reconnaître qu'on ne sortira jamais d'une crise, quelle qu'elle soit, puisque par définition elle divise un pays. Si on ne légifère que sur ce qui fait consensus (puisque le consensus ne pourrait pas être ignoré en tant que tel), on se permettra alors de douter de l'utilité d'une élection en général. On saurait spontanément sur quoi l'on est tous d'accord (puisque l'on serait tous d'accord sur différentes choses), et on voterait presque par magie à l'unanimité générale. 

Pour le coup, ce qui semble être un problème pour ces représentants religieux porte un nom, et ça s'appelle la démocratie. Quand on n'est pas obligé d'être d'accord avec tout le monde, on vit en démocratie. C'est compliqué, ça oblige à des rapports de force idéologiques, mais on s'accorde généralement à dire qu'il serait difficile et dommageable de revenir en arrière. Même M. Mattéi (pour qui l'Europe domine le monde) serait d'accord avec moi : la démocratie est un progrès. Mais les religions viennent encore de prouver qu'elles n'y pigent rien. 

Peut-on s'étonner cependant d'une telle incompréhension ? Toutes ces religions n'acceptent dans leurs rangs aucun homosexuel pratiquant ou aucune femme et se croient malgré tout représentatives... Leur conception de l'autorité est absolument verticale, du haut vers le bas. Malgré la quantité d'exemples qui prouveraient à quel point l'église adapte son discours à l'époque, et n'est pas porteur d'un message éternel, elle continue de jouer la carte des principes éternels (il me semblait à moi que ce qui était éternelle, c'était la méthode, et non les principes : l'amour – être une méthode sans principes, c'est l'intérêt d'une religion). Leur mode de gestion est étranger à toute démocratie, et d'aucuns diront même qu'on l'aime pour ça : parce qu'elle préserve une tradition.

2) "l'élection de François Hollande pourtant porteur du projet (engagement 31) ne suffit pas pour justifier de légiférer." 

Là encore, il y a un malentendu manifeste sur le fonctionnement d'une démocratie. Si l'homme élu au pouvoir n'est pas légitime à faire voter les lois qu'il a proposé, qui le sera ? 

3) selon la tribune, le débat devrait être national et engager tout le monde : psy, juristes, banquiers, médecins, philosophes, homo et aussi religions (les homos ne représentant qu'un 1/7 des corps sociaux consultables... LOL). Dernier moment de grâce de ce républicanisme abstrait : tout le monde peut parler de tout à propos de tout. Je demande alors par la même occasion de pouvoir débattre de l'utilité des religions au sein du débatici public. Et d'ailleurs j'aimerais lancer un référendum posant la question suivante : "Pensez-vous que les religions sont encore compétentes pour faire face aux enjeux du monde contemporain ?" 

Ces gens ne voient pas l'impasse qu'il y a à demander à toute une population leur avis sur une question qui est constitutive de notre démocratie : l'égalité.

 

 

tribune_paul_p10.jpg

St Paul sur le mariage : "il est bon pour l'homme de s'abstenir de la femme... Je dis toutefois aux veufs et aux célibataires qu'il est bon de rester comme moi".

 

 

L'argumentation philosophique d'un homme qui voulait dire ce qu'on oublie de dire (quitte à ne jamais comprendre ce qu'on dit).

 

Mais il ne faut pas se leurrer, cette tribune ne sert qu'à pointer du doigt pour les différentes religions le véritable coup de maître, l'arme philosophique réputée géniale (dont certains se diffusent par mail la référence) : l'essai de Gilles Bernheim, Mariage homosexuel, homoparentalité et adoption, ce que l'on oublie de dire. Il est d'ailleurs lisible en ligne et téléchargeable à condition de souscrire à Scribd (bonne affaire pour eux).

Je ne crois pas que critiquer un rabbin pour ses positions sur le mariage gay fasse de moi un antisémite, surtout si ce dernier s'exprime en tant que philosophe et qu'il parle au nom de toutes les religions du Livre. Je ne veux pas ici critiquer quelqu'un pour ce qu'il est, et donc surtout pas critiquer Gilles Bernheim parce qu'il est juif (il faut que ce soit dit), mais parce que ce qui est dit va à l'encontre du principe d'égalité (condition de possibilité même de notre vie en société), et est motivé par une incompréhension, voire une haine manifestes. Lorsqu'on dit qu'on vous aime tout en cherchant des arguments pour bloquer un accès égal à ses droits, la vérité est qu'il ne vous aime pas. Le grand rabbin nous explique : « Je condamne et combats avec force les agressions dont sont victimes les personnes homosexuelles, au même titre que je condamne et combats avec force les actes et les propos antisémites. » Quelle autre meilleure définition de l'homophobie peut-il y avoir que celle qui consiste à refuser aux gays les mêmes droits ? 

Nous voici donc au coeur du dispositif de réponse mis en place très médiatiquement par les anti-mariage (petit ps aux amis pourfendeur de la bienpensance : oui, ils ont gagné la bataille médiatique, même les militants LGBT le reconnaissent). Benoît XVI lui-même ne trouve rien à redire de l'argumentation proposée par le rabbin. D'un mot, très partial, cet essai est un modèle de rhétorique : il construit systématiquement un ennemi ad hoc, toujours introduit par un "ce que l'on entend", que Gilles Hernheim se fait ensuite un malin plaisir de critiquer cet adversaire imaginaire par un "ce que l'on oublie de dire" (no shit que la méthode finit par produire un effet de paranoïa !). 

Deux exemples, tirés tout à fait au hasard de la lecture : 

- lorsque Gilles Bernheim évoque l'argument de l'égalité entre homos et hétéros, il laisse penser qu'on réclame une absence de à la signature d'un contrat de mariage. Les gays et lesbiennes (et les trans ?) ne demandent pas que les pères puissent se marier avec leurs filles. Voilà ce que nous, les minorités LGBT, entendrions par égalité...

- pour parler le nombre des enfants élevés par des familles homoparentales, Gilles Bernheim utilise des chiffres marginaux. Le chiffre évoqué est celui de 300 000 enfants, chiffre très probablement surestimé que Gilles Bernheim n'a pas de mal à faire passer pour fou... Mais ce n'est que le chiffre de l'APLG (association des parents lesbiens et gays) avec cette condition qu'on parle de "contexte homoparental" dont un des deux parents serait gay ou lesbien (pas forcément déclaré). En fait, tout le monde – asso LGBT comprise – s'est très vite mis d'accord sur 30 000 enfants élevés par des couples homoparenteux. Et 30 000, de toute façon, ça fait déjà beaucoup. Gilles Bernheim suggère-t-il qu'une loi n'est bonne que si elle doit concerner un certain nombre de citoyens dépassant le nombre de 30 000...?

- autre exemple : quand les assos LGBT demandent qu'on autorise le mariage gay, Gilles Bernheim comprend que les assos LGBT aimeraient que plus rien ne soit interdit. Ne plus rien interdire serait perçu comme un critère de progrès. Evidemment, personne n'a jamais dit ça. Mais il est toujours bon de se battre contre des moulins à vent pour montrer à quel point on assure en rhétorique. 

Dernier point destiné au philosophe. Il se sent apte à parler de structures (psychiques et sociales) et parler donc anthropologies et psychiatrie. Puisque tout le monde dans cette affaire aime parler structure : l'affiliation, pour les amoureux de Lévi-Strauss, nécessite un interdit majeur, l'interdit culturel (j'insiste : cu-ltu-rel) de l'inceste, mais non le mariage PME (papa maman enfant). Si les religieux s'imaginent que les anthropologues se contentent de répéter qu'il faut un papa et une maman au petit bout de chou, c'est leur problème, mais les sciences sociales ont une vision du monde un poil plus complexe... Il suffit de revoir les interventions de Françoise Héritier et Maurice Godelier. Tous les deux disent très clairement que les affiliations peuvent être multiples et affirment à quel point il est arrogant de penser que seul notre modèle est "naturel" (car in fine, il n'est question que de protéger la familiarité qu'on entretient avec son propre modèle d'affiliation).

Bref, Gilles Bernheim passe pour méthodique parce qu'il a organisé son texte en plusieurs parties. Mais rien n'arrête l'auteur, qui se contente souvent de rappeler comme un argument d'autorité à la commission qui l'a interrogé qu'il est professeur de philosophie. Son seul argument est qu'il sait organiser une argumentation : d'abord critiquer les arguments en faveur du mariage gay ; ensuite proposer sa vision du mariage ensuite. Brillant.

 

tribune tumblr m58yy65kTs1qzb1rlo1 500

 

 

La mariage gay comme "cheval de Troie" des méchantes minorités LGBT

 

Je ne m'attarderai pas sur chaque argument. Ce serait prêter trop de crédit à un projet qui se délite de part en part. 

Je prend la fin de l'essai, où G. Bernheim présente ce qu'il juge être l'esprit de la loi, et y oppose l'esprit de la tradition. La conclusion est en soi une folie furieuse : les homosexuelLEs nient la différence sexuelle. Pardon, c'est la version soft. Voici la vraie conclusion : le mariage gay est le "cheval de Troie" d'une entreprise bien plus large qui consiste à "nier la sexuation". 

En anglais, comme je l'ai déjà dit dans un autre article, on appelle cela l'intention fallacy : on prête des intentions à quelqu'un sans la connaître explicitement. Délirer les intentions des autres est mortifère en politique, mais ce n'est pas quelque chose qui arrête notre génie philosophe. Il doit imaginer que chaque jour un gay se lève en se disant qu'aujourd'hui il va passer son temps à nier la sexuation, aller sur grindr et nier la sexuation, baiser avec un mec et nier la sexuation. 

Certaines minorités LGBT plus inventives entreprennent effectivement de faire du "gender fucking", mais tant qu'il s'agit de fucking, même au plus haut de la subversion il reste bel et bien question de "fucking" – et pas de négation ! Un gay est gay parce qu'il préfère les mecs s'il est un mec ou qu'elle préfère les meufs si c'est une meuf. En somme, dans tous les cas on aime être sexué et en tirer du plaisir. Qui plus est, même au plus haut de la subversion, ce qu'il s'agit de niquer est le genre, et non le sexe ! Nier la sexuation est une expression incompréhensible du point de vue d'un homme normal, encore moins d'un gay normal, et définitivement pas d'un militant LGBT qui fait du gender fucking. 

En fait, les choses sont pires que ce qu'un honnête anti-mariage peut imaginer, mais aussi beaucoup plus logiques. La gender theory n'affirme pas que le "sexe social" est plus important que le sexe naturel, car ce serait accepter l'idée d'un sexe "naturel". La gender theory affirme qu'il n'existe pas de naturalité du sexe (qui recouperait alors un genre naturel et une sexualité naturelle). C'est à la fois plus simple, plus radical et plus cohérent... La science n'a jamais étudié le sexe qu'en le construisant au fur et à mesure, ce qui ne signifie pas qu'il n'existe pas de corps, ou plein d'autres trucs mystérieux, mais ils existent dans la mesure où on peut les dire (voilà la seule chose au sujet de laquelle on pourrait discuter, mais en tant qu'honnête homme, et non en tant que rabbin, curé ou imam). Donc 1) s'il existe un truc aussi clair que la gender theory, elle ne dit pas qu'on n'a pas de corps, de "support biologique" ou autre. Simplement qu'il faut quelque chose d'autre pour lui donner du sens : un genre et une sexualité. 2) Cette gender theory ne dit pas non plus qu'on est absolument dénué de genre : la façon dont on joue les genres et les plaisirs sexuels sont encore déterminés socialement. Mais voilà le moment où la gender theory intervient : 3) ces genres que d'aucuns voudraient éternels et naturels (comme les premiers psychiatre et chirurgiens préoccupés par les opérations de réassignations sexuelles) ne le sont pas : ce qui paraît masculin et féminin ne cesse de changer au fil du temps etc.

Que M. Bernheim se rassure un peu : Aucun gay ou aucune lesbienne n'espère devenir auto-reproducteur ou hermaphrodite comme les escargots simplement parce qu'il/elle nie un concept ! Mais cette impossibilité ne définit pas ce qui est juste ou non dans la société.  

En revanche cette expression de "cheval de Troie" reconduit exactement au début de notre post : il ne s'agit plus de s'attaquer à un projet, clair, lisible et explicite, mais à une intention, ou mieux : à une identité. A la limite, supposons que je sois simplement tatillon et susceptible... La fin de l'argumentation de Bernheim finirait de m'exaspérer tout à fait. Puis-je vraiment me permettre d'en déduire qu'il s'agit d'une attaque homophobe ? Malheureusement, oui. Car la définition de ce qu'est selon lui le genre, le sexe, ou la sexualité (comprenez tout ça se résume à un sexe naturel) élimine du genre humain toute homosexualité quelle qu'elle soit, voire toute sexualité non reproductive. Si on m'explique que je n'existe pas, est-on homophobe ? Pour l'homophobe lui-même, non, hein, puisque je n'existe pas... 

 

 

 

 

Ce qu'est l'homme et la femme

(ou quand croquer la pomme du péché revient en fait à croquer un livre de gender studies !)

 

Oyez, oyez, braves croyants, voilà la version la plus caricaturale depuis longtemps qu'on puisse se faire de la sexualité. Heureusement, je le sais, mais je vais tout de même le redire pour ne pas prêter le flanc à d'autres attaques ad hominem de la part de ces croyants qui se reconnaîtraient dans les positions défendues, qu'il y a des catholiques, des musulmans, des juifs, et des bouddhistes qui sont moins caricaturaux que cela.

En préambule drôlatique, donc, et au sommet de sa clairvoyance, Gilles Bernheim tente une saillie. Il affirme d'abord que la conception du sexe pour un militant LGBT est très paradoxal car 1) elle reviendrait à réclamer une reconnaissance de sa différence sexuelle 2) tout en niant ces mêmes différences sexuelles. 

Je vais l'expliquer généreusement à M. Bernheim, si ça lui paraît paradoxal, c'est parce que son interprétation du discours des autres est paradoxale ! Ce qui passe pour paradoxal ici, mais surtout contradictoire, est l'écart entre ce que prône les militants LGBT et l'intention que lui, grand rabbin de France, prête à ces militants LGBT. Si je voyais un homme à la fois faire une chose tout en pensant qu'il ne veut pas la faire et que je jugeais finalement son attitude paradoxale, je ne serai pas plein de délicatesses rhétoriques et de nuances psychologiques. Je serai incohérent. Car ce qui est paradoxal serait mon interprétation même de la situation. 

La définition de la différence sexuelle du rabbin Gilles Bernheim est bien à lui, car ce qu'il appelle "différence sexuelle" est autant sexe biologique, genre que sexualité. Ce que la gender theory découple en trois (sexe, genre et sexualité) ne représente à ses yeux qu'un seul et même package. 

Il empile les trois étages que sciences sociales et science dure (pour les besoin de l'exposé, supposons-les distinctes) ont distingué. On ne pourra même pas dater au carbone 14 l'époque à laquelle il nous renvoie... Il faudrait au fond admettre que tout le monde a non seulement un sexe bien clair et explicite sous les yeux (à quel âge ? Inclut-on les caractères secondaires ?) mais aussi glisser dans sa définition le mode d'emploi dudit sexe. Que je sache l'utilisation de ma bite n'est pas franchement immanent à la dite bite. J'allais même ajouter que c'est là tout le drame et aussi tout le plaisir, mais c'est déjà se diriger vers les deux autres désaccords qui nous attendent.

A la fin de son essai, Gilles Bernheim propose deux thèses que tout bon croyant pourrait endosser : 

1) on est entièrement et naturellement son sexe, corps et esprit. 

2) on n'est homme que lorsqu'à travers une femme on vise la procréation d'un enfant (d'où son terme favori de "sexuation" plutôt que "sexe"). 

J'admire la caricature de l'hétérosexualité qu'il soutient. Mais elle est risquée. 

Les hétéros devraient en avoir marre de se faire instrumentaliser par des rabbins frileux, des imams flippés et des curés trouillards. Personne ne fait l'amour que pour avoir des enfants. Personne ne pense non plus qu'il n'est pas un homme ou une femme avant d'avoir fait un enfant. Je sais que la Bible représente une forme d'autorité pour un rabbin. Mais en réalité, dans une société démocratique, personne n'a l'autorité de dire ce que doit faire un homme ou une femme dans sa chambre à coucher. 

Je reviens ultimement sur ces deux derniers temps de l'argumentation : 1) que les gonades mâles ou femelles déterminent aussi ce qu'est l'esprit, c'est une position que même les pires physicalistes-matérialistes ont eu plus de mal à soutenir, ou ont soutenu avec plus de précautions. Rien ne permet d'appuyer une telle démonstration. Par ailleurs, il me semble qu'un croyant serait plutôt alarmé de voir l'âme (immatérielle) soudain réduite à un sexe (bien matériel celui-là). Si l'on tient un tant soit peu à l'indépendance de l'âme et sa immortalité, on ne la fait pas descendre dans le slip. Enfin, le plus drôle est de voir que le rabbin savonne totalement la planche des curés, qui eux n'ont pas la possibilité de se définir en tant qu'homme puisque privés de sexualité en vue d'un enfant.

2) Que sont ceux qui ne font pas d'enfants, ceux qui n'essayent même pas, qui ont le projet de ne pas en faire ?... Des semi-hommes, des non-hommes, des semi-femmes, des non-femmes ? Ou plus drôle encore, que sont ceux qui (comme c'est très souvent le cas puisque la nature est bien faite et ne demande l'avis de personne) font des enfants sans le vouloir, par accident...? 

 

tribune_Adam-Eve.jpg

 

 

Ce qui ressort de ces attaques me semble très clair : le rabbin Gilles Bernheim oublie qu'il existe d'autres différences bien plus importantes que les différences sexuelles. Il a littéralement fétichisé le mariage (qui ne devient pourtant un sacrement qu'au XII ème siècle) ainsi que la différence homme/femme.

La différence sexuelle n'est pas prioritaire. C'est cela que veut affirmer la gender theory. C'est avec cela qu'elle joue. Cette théorie possède un fort héritage moderne et individualiste. Qu'on veuille soudain ressouder l'humanité en deux camps homogènes d'homme et de femme semble impossible, absurde, et bel et bien contre-nature. Si l'individualisme a un sens, c'est parce qu'il est supposé respecter la diversité naturelle des situations et des êtres. Personne ne gagnera à cette parodie de nature humaine que les grandes religions institutionnelles proposent.

Partager cet article

Repost 0
Richard Mèmeteau
commenter cet article

commentaires