Attention nouvelle adresse du site : www.freakosophy.com
C'est en 10 épisodes de 50 minutes que cette série brosse à grands traits la force et les travers de la vie de couple en nous évitant les poncifs habituels et en jouant précisément sur ce que l'on a tous en commun mais que nous ne partageons pas ouvertement : l'intime.
Pour entrer dans le drame, il faut sortir au plus vite des premiers remous suscités par la question de la véracité des scènes de sexe pour se concentrer sur l'essentiel qui n'est pas justement là où on le pense. Le seul intérêt de ce faux débat est de mettre en valeur l'impact même du réalisme de certaines scènes qui, loin de séduire, suscitent le malaise en ce qu'elles montrent le sexe tel qu'il est, dans une nudité qui met bien en valeur l'aspect accessoire et aseptisé des scènes dites "d'amour" que l'on nous sert à tout va sur nos écrans. Cette polémique nous montre bien en creux que, dans le fond, nous ne voyons pas réellement le sexe en lui-même et, donc, que la mise en scène de l'intime reste avant tout justement la simple sublimation d'un acte qui est plus dérangeant qu'on peut le penser au premier abord. Cela est d'autant plus important qu'une des remarques centrales de la thérapeute (véritable fil conducteur entre les différents protagonistes) est de court-circuiter les fausses représentations du sexe véhiculées par la société, car celles-ci nous obligent constamment à faire retour, sans recul, sur notre propre pratique en la mesurant sous un angle toujours plus ou moins déceptif: suis-je dans la norme? quelle fréquence est le signe d'une vitalité? Et finalement: à quoi mesure-t-on le bonheur d'un couple?
Jamie et Hugo constituent la difficulté des départs et la question du choix: pourquoi rester ensemble? Que signifie cette limitation du désir? C'est donc la naissance du couple qui est interrogée dans ce qu'elle a de plus fragile car elle se situe dans un équilibre précaire entre ce qu'il est raisonnable de faire et l'ordre aussi abstrait que déraisonnable de la pulsion.
Enfin May - la thérapeute - est comme la somme de toutes ces vies. Elle marque le point où le noeud s'est dénoué et où ces différents stades ont été dépassés. La vieillesse est alors présentée comme la véritable maturité - le moment où le désir est assumé pour ce qu'il est et c'est peut-être cela qui a pu paraître le plus dérangeant aux yeux des détracteurs de la série. Il semble difficile de concevoir, dans une société qui place tout dans l'apparence du corps, que c'est au moment où son âge d'or est passé que nous vivons le plus en paix avec. Sa vie n'est pas parfaite, des conflits demeurent - mais dans le fond ce qui en fait un personnage à part mais aussi le point de rencontre de tous les protagonistes c'est que, pour elle, la lutte est finie - ou plutôt elle a su trouver un juste équilibre entre tous ces problèmes.